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31.07.2005
A propos de l'homosexualité
Werewolf, grand commentateur de blogs devant l'éternel, médecin de son état, a été pris soudainement de questionnements essentiels sur l'homosexualité, son image reflétée par les médias, la pertinence d'en rechercher les causes, le milieu associatif. Il a posé quelques questions à Melie, qui a trouvé judicieux de faire participer à ce qui deviendra peut-être un débat cinq autres personnes concernées : Sappho, Shayalone, Cossaw, Thomas et moi.
S'agissant de "fierté", ne penses tu pas que c'est antinomique avec la théorie selon laquelle on ne doit pas se poser la question de l'origine de l'homosexualité, dès lors que l'on ne se pose pas la question de celle de l'hétérosexualité (je fais référence, là, à Shayalone) Y a t-il une "fierté hétérosexuelle" ?
Je pense qu’on parle de « fierté » par opposition à « honte », il ne s’agit pas de brandir une identité en volant la porter comme supérieure mais cela fait simplement référence au fait d’assumer. Comme un père peut être fier de son fils, pas dans le sens ou ce dernier ait fait quelque chose de particulier mais simplement par l’honneur qu’il lui confère par le fait d’exister.
Il faut revendiquer une fierté jusqu’au moment où il ne s’agira plus de celle d’une minorité.
On ne peut pas considérer de fierté hétéro car il n’y a pas de cheminement pour y aboutir (ou rarement), c’est déjà en conformité avec la norme sociale, et il ne s’agit pas tant d’être fier d’être homo mais plutôt d’être fier d’être arriver à se dire comme tel.
La fierté, c’est simplement oser se montrer, afficher sa préférence, et cette matérialisation permet à ceux qui refoulent d’accepter leur sentiment intérieur en montrant une alternative de l’image du couple hétéronormé.
Nous revendiquons plutôt un droit à l’indifférence qu’à la différence...
La Gay pride ne va t elle pas à l'encontre de l'intérêt des homosexuels en véhiculant l'image de "barjots extravertis et sans complexes" tout à l'opposé, me semble-t-il, de la réalité? Ne serait-il pas bon de montrer de montrer que c'est souvent une souffrance, plutôt qu'un "choix" !
La gay pride est également un moyen de provoquer les avis des personnes qui préféreraient se masquer les yeux et faire comme si les homo n’étaient qu’une vague théorie identitaire non incarnée.
Eu égard mon expérience personnelle, cet évènement m’a permis d’avoir les avis spontanés des personnes de mon entourage et m’a permis d’orienter mes coming-out.
Bien qu’en effet la majorité des médias préfère offrir des clichées à leurs clients et véhiculer des images dont les homo ont bien du mal à se défaire ensuite.
Dans un sens comme dans l’autre, il ne faut ni stigmatiser les « folles », ni considérer que ceux-là soient représentatifs de la majorité des homo. Je trouve particulièrement déplacé que les mecs homo plutôt masculins soient intolérants vis-à-vis des mecs efféminés (de la même façon que les « lipstick » dénigrent les « butch »). La tolérance commence à l’intérieur même d’un groupe identitaire.
Il est intéressant de considérer que l’homosexualité soit un choix, pas dans le sens où la personne ait choisit sa sexualité mais dans le sens où elle a fait le choix de l’assumer plutôt que de la refouler.
Je ne pense pas qu’il soit intéressant de montrer que c’est une souffrance puisque alors on véhiculerais un cliché homosexualité = malheur, peine et ce serait une arme qu’on lancerait à nos détracteurs. Et cela restera alors dans les esprits comme .. le choix d’être malheureux !
Ça n’aiderait pas non plus les jeunes qui commencent à se questionner sur leur préférence puisqu’ils considéreraient alors que la souffrance leur est imposée dans leur parcours.
N'as-tu pas l'impression que les "assos" quelques soient leurs bonnes intentions renforcent la "ghettoïsation" en ne s'ouvrant qu'aux homos eux mêmes ?
Il est clair qu’à l’intérieur même de cette « communauté », il y a des excès.
Je trouve dommage qu’un festival, cineffable, par exemple, pour ne pas le citer interdise son accès aux hommes et demande quasiment une preuve de lesbiannisme pour y entrer !
Cependant cette ghettoïsation a certainement été une solution à un moment donné pour résister, pour ne pas « délayer » en quelque sorte des convictions fortes.
J’imagine qu’il doit être plus difficile de lutter pour quelque chose quand on ne sent pas investi soi-même par le sujet, en cela, leur manière de faire est compréhensible , bien que je pense que le soutien des hétéro ne soit pas préjudiciable à la cause, bien au contraire.
Au lieu de faire des "plans médias" (et l' on sait bien que ceux ci ne retiennent que le "sensationnel") au sujet du mariage gay et de l'homoparentalité, ne vaudrait-il pas mieux en utilisant le lobbying et les relais d'opinion, lutter contre les idées reçues qui reflétaient d'ailleurs pour certaines la réalité d'une génération précédente (lesbiennes MLF antiphallocrates...) et militer d' abord sur la protection sociale et patrimoniale du couple homo ?
Cette question n’est pas simple, je pense que tes suggestions sont intéressantes, mais je pense aussi que le sensationnel est obligatoire pour avancer, il faut bien provoquer les réfractaires et leur mettre le nez dans la réalisation, sinon on restera sur des discours théoriques qui ne feront pas avancer le problème plus que cela.
Ces évènements sont pour l’instant surprenants mais la répétition peut amener à une certaine lassitude et donc à une banalisation de la chose, ce qui est le but recherché finalement..
Les idées reçues pour moi ne se changent pas par une campagne de communication, mais par les multiples acteurs homo qui vivent comme ils le veulent tous les jours.
Et c’est, à mon avis, par ce biais que les lois viendront par la suite entériner ce qui s’est établie sans elle (c’est un peu toujours comme cela que ça se passe malheureusement..)
Certain(e)s disent qu' ils ne faut pas rechercher la cause de l'homosexualité, au prétexte qu' on ne recherche pas celle de l'hétérosexualité: n' est-ce pas anti-scientifique ? D'accord par contre sur une reformulation de la problématique qui doit plutôt être: pourquoi certains sont ils hétéros, d'autres, homos !
Avec cette question on peut retomber sur celle de l’homosexualité acquise ou innée..
Comme pour chaque élément qui détermine un homme, je pense qu’il y a une part des deux, on a éventuellement une prédisposition (que je n’aime pas croire génétique) et on la développe ou non selon certains facteurs (le milieu social, les rencontres..).
Ainsi je pense qu’il ne sert à rien de chercher une cause à l’homosexualité puisqu’on ne pourrait faire d’études scientifiques non biaisées.
Pour ma part, pour l’homo ou l’hétérosexualité, c’est la même chose, on naît avec une propension à devenir l’un ou l’autre et on devient cet un ou cet autre suite aux expériences que l’on vit quotidiennement.
Simplement on peut deviner qu’il est plus aisé de rencontrer des facteurs permettant de développer sa disposition hétéro plutôt qu’homo.
21:05 Publié dans Quand Natacha écrit avec ses petites mains | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note








Trackbacks
A propos de l'homosexualité.
Werewolf, grand commentateur de blogs devant l'éternel, médecin de son état, a été pris soudainement de questionnements essentiels sur l'homosexualité, son image reflétée par les médias, la pertinence d'en rechercher les causes, le milieu associatif...
Trackback par : Les Enfants Rouges - Psychiatrie, sexe et autres complications | 31.07.2005
Commentaires
Mais! elle n'est pas si mal, cette blonde ! ;)
Merci en tous cas pour tes reponses.
Je suis assez d'accord avec cette acception de la "fierté", mais l'homme de la rue le comprend-il ainsi ?
Jesuis par contre un peu étonné de te voir revendiquer l'indifférence ! n'est ce pas très proche du mépris ?
La majorité de la population ne voit-t-elle pas la GP qu'à travers les médias?
Comme je l'ai dit chez Sappho, le terme "assumer" m'ennuie toujours un peu car ayant un double sens..
S'agissant de la souffrance, loin de moi l'idée de la mettre en avant, mais n'est-elle pas, entre autres, corollaire à la honte et donc à l'opposé de la fierté...et puis , donner mauvaise conscience à ceux qui y contribuent......
Tu parles enfin des "acteurs homo qui vivent comme ils le veulent tous les jours", sont ils si nombreux ceux dans ce cas ?!
Ecrit par : werewolf | 01.08.2005
Natacha est en vacances, mais je suis sûre qu'elle se fera un plaisir de te répondre à son retour.
J'ai des trucs à dire: revendiquer l'indifférence, c'est la formule à la mode, que tout le monde reprend en coeur depuis quelques années. Et ce n'est pas du tout méprisant, bien au contraire. Il s'agit encore une fois d'affirmer la "normalité" ou "non-anormalité" de l'homosexuel. En tant qu'individu "normal", l'homosexuel est complètement indifférent à l'hétérosexuel. (Je suis claire là ?)
Et oui Werewolf, les homosexuels qui vivent au quotidien "comme ils le veulent" sont fort heureusement nombreux. Hormis peut-être le handicap de ne pouvoir vivre son homosexualité au grand jour comme les hétérosexuels vivent leur sexualité... En ce qui me concerne par exemple - et je sais que je ne représente pas la majorité, ne prends pas la peine de me le faire remarquer - je ne ressens absolument aucun handicap. L'immense majorité des personnes que je cotoie sont au courant et je ne me cache de mon homosexualité qu'à de très rares personnes. Je la vis donc comme je l'entends.
Ecrit par : Melie | 02.08.2005
Melie, il me semblait pourtant que ton environnement universitaire n'était pas très au courant jusqu'à ...il y a peu !
Si tu ressent le "handicap" de ne pas vivre ta sexualité au grand jour, tu ne vis donc pas "comme tu le voudrais ! non ?
Bien sûr que (comme tout le monde ?) tu vas à Franprix faire des achats compulsifs de Mozzarella ;)) : Tu ne pensais quand même pas que j'ignorais que les homo respiraient et mangaient !
Ecrit par : werewolf | 02.08.2005
Et aussi, peux-tu ma dire, alors, quelle definition tu donnes de cette "indifférence" là ? ("Ce qui se conçoit ..." hé hé !) Et s'il s'agit d'un néologisme -a-différence ou indifferenciation- peut être faut il lui octroyer des " "...
En tous cas cela prête largement à confusion, dès lors que dans son acception normale, le terme veut, à l'extrême, dire "absence d'amour"...
Ecrit par : werewolf | 02.08.2005
Werewolf, les personnes de ma promo ne me sont pas assez proches pour que je leur parle de ma vie. Et si j'avais été hétéro, je ne pense pas que j'en aurais dit plus... Si j'ai fait un coming-out général il y a peu, c'est juste par une puérile/futile envie de provoquer tout ce petit monde. Et, je me répète, je ne ressens actuellement aucun handicap.
Je ne comprends pas "néologisme" pour le terme d'indifférence... ma définition est celle du dictionnaire en l'occurrence. Indifférent : qui ne provoque aucun intérêt, et ici il n'y a aucun intérêt à avoir car l'homosexualité entre dans le cadre de la normalité (DSM-IV)
Ecrit par : Melie | 02.08.2005
D'accord, Melie, je n'avais pas perçu, dans la tournure de la phrase, qu'il etait question d'indifférence quant à votre sexualité, et non d'indifférence vis à vis de votre personne /couple ! comme quoi dans une langue, même riche, il est difficile d'éviter les confusions...
Ecrit par : werewolf | 02.08.2005
merci au correcteur d'orthographe de faire son travail !
moi je me vautre dans la paresse
Ecrit par : madrilene | 02.08.2005
(c'est moi le correcteur d'orthographe je suppose ? Hummpff Mad' !)
Ecrit par : Melie | 02.08.2005
madrilène, heureusement que tu es omniprésente, pour donner des explications claires ! ;)
melie, tu peux corriger mes fautes de frappe, d'orthographe... aussi! hein ?!
Ecrit par : werewolf | 02.08.2005
Werewolf tu aimes les corrections ?
Mélie, oui !!
Ecrit par : madrilenomni | 02.08.2005
ça c'est clair, c'est pas parce qu'on est du même sexe qu'on se comprend !! ça reste des relations humaines, donc c'est COMPLIQUE !
et c'est vrai que le regard des passants pourrait faire passer l'envie à plus d'une de s'embrasser (heureusement, le goût pour la provocation peut - ou pas - prendre le relais !)
Ecrit par : biowoman | 03.08.2005
Sous le choc d'une déception amoureuse, le narrateur se remémore la tragédie qui a frappé l'un de ses amis victime d'une femme mystérieuse que d'aucuns ont surnommée "drosera capensis". Combien de proies humaines, évoluant dans le sillage de son environnement immédiat, cette belle plante carnivore capturera et digérera-t-elle ? Prudence, certaines étoiles s'éteignent brusquement pour que leur lumière ne pâlît jamais...
Cet ouvrage dresse un tableau dans lequel les folles amours conduisent peu à peu les différents protagonistes vers un dénouement fatal. Le paysage périgourdin sert de toile de fond, sous le prisme d'un névrosé, à l'idylle d'une femme pour un jeune homme amoureux d'un copain d'enfance qui est, lui-même, sur le point de se marier avec une jeune bourgeoise.
L'auteur enchante le lecteur, à travers ce passionnant récit sur fond de mises en abyme, grâce à l'ironie du peintre et à la culture du savant. Indéniablement, Gaspard-Hubert Lonsi Koko enlève le voile d'un monde en plein questionnement.
Titre : drosera capensis
Auteur : Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Editeur : Editions de l'Egrégore (http://www.editions-egregore.com)
Parution : 15 juin 2006
Pagination : 192 pages
Format : 13x20,5 cm
Prix : 16,50 euros
ISBN : 2-916335-01-3
Ecrit par : guy | 21.06.2006
Les Éditions de l’Égrégore vous convient à la séance dédicace, autour d’un cocktail, de l’ouvrage de Gaspard-Hubert Lonsi Koko, intitulé Drosera capensis qui se tiendra le mercredi 5 juillet 2006 de 18 h 00 à 21 h 00 à la Galerie Européenne (5, boulevard Edgard Quinet - 75014 Paris - Métro : Edgard Quinet).
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Renseignements : Les Editions de l’Egrégore 35, boulevard Pasteur - 75015 Paris
http:// www.editions-egregore.com
Courriel : contact@editions-egregore.com
Tél. : 01.75.00.56.62 - Fax : 01.42.73.16.62
Ecrit par : guy | 27.06.2006
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