16.02.2007

Des lesbiennes et des doigts...

L word lançait déjà le débat en indiquant que l'on pouvait repérer les lesbiennes à leur annulaire plus long que leur index, le pire c'est que la série n'est peut-être pas loin de la réalité..

 

Une étude anglaise qui se dit sérieuse s'est lancée dans l'expérimentation et conclut que "La différence de longueur entre l’index et l’annulaire est bien un signe d’homosexualité"!!

Je me demande bien qui s'est inspiré de l'autre..

Il semblerait même que l'asymétrie de vos doigts soit en rapport avec votre rôle butch/lipstick... Mais oui, bien sûre...

 

Enfin, on peut apprendre dans une autre étude que les ambidextres ont plus de chance d'être bisexuels.. En effet, c'est plus pratique pour les plans à 3.

Mmm.. Et ça donne quoi si on est ambidextre avec un majeur plus long que l'annulaire?..

 

23.07.2006

Rupture

medium_Alice.JPGUn jour elle frappe à ma porte, je mets cinq mois pour établir une relation avec elle. Je pense l’histoire bien partie, elle est attentionnée, m’envoie des colis, m’écrit, me donne ses coordonnées, on semble sur la même longueur d’ondes. Je me vois déjà passer mes soirées avec elle, alors qu’elle m’attend les journées tranquillement chez moi.
Je la croise parfois dans le métro, toujours aussi souriante, parfois elle s’invite chez les gens, ce côté-là me plait moins mais je ne suis pas du genre possessive.
Puis, du jour au lendemain, plus de nouvelles. Je l’appelle, elle me fait patienter, me répond vaguement en me disant d’attendre, que tout va s’améliorer entre nous.
Mais rien ne progresse, je rappelle, je sens qu’elle a quelque chose à se reprocher… Elle est très sollicitée, elle n’arrive plus à gérer toutes les propositions.

Voilà, depuis deux mois c’est fini entre Alice et moi, son numéro c’est le 1033, surtout si elle vous appelle, ne répondez pas.

09.07.2006

Speed lez’dating

medium_Bronzee.jpgAyant plusieurs amies célibataires qui voudraient faire partager leur bronzage intégral lors de cet été qui s’annonce torride, j’ai décidé de prendre tout ça en main (enfin de manière figurée hein...)

J’organise donc un recrutement de célibataires pour une soirée speed lez’dating qui aurait lieu au mois de juillet dans mon appartement parisien.

Pour les filles intéressées (vous pouvez envoyer vos copines célibataires que vous cherchez à caser) merci d’envoyer un mail de motivation à poussinou-rouge@hotmail.fr .

Les critères à respecter sont les suivants : être une fille, célibataire, entre 23 et 35 ans et savoir écrire sur la ligne (euh, non cleptomane si possible, je tiens à mes divx de L word...)

28.06.2006

Fermeture Blissienne

medium_logo-bliss.gif
 
 

Je l'ai lu sur certains sites en voulant croire à une mauvaise blague mais non, le Bliss c'est bien terminé : je vous invite à venir déposer un cierge vendredi soir pour la fermeture...

Soyez fortes les filles, retenez vos larmes.

Peut-être vous souvenez-vous de l'Alcantara, ancêtre du Bliss, et pour ma part bar officiel de mes premières rencontres du net. Mais cette fois, apparemment le lieu deviendra masculin.

Il ne reste que le 3w et éventuellement le 3è lieu pour accueillir toutes les lesbiennes parisiennes..

Il va falloir se serrer Mesdemoiselles et ne pas hésiter à en prendre quelques-unes sur vos genoux.

 

Pour en savoir plus sur cette tragédie...

 

 

25.10.2005

Le débat L word de la semaine, le retour.

Devant le succès du débat de la semaine d'avant, je vous propose un nouveau sujet de réflexion.

Car oui, on ne dirait pas comme ça mais L word aborde des thèmes résolument profonds.

Ainsi, interrogez-vous vous aussi sur les questions fondamentales de la vie :

"Si vous vous voyiez dans un bar, est-ce que vous vous séduiriez?"

Donc pour celles qui ne sont pas du genre à aller brancher la fille au fond du bar, ce n’est pas grave, ça reste théorique. Je vais commencer par essayer d’y répondre moi-même.

Hormis le fait que je sois myope, ce qui cause un certain préjudice pour les rencontres fortuites… Je me séduirais peut-être pour une aventure, non pas d'une nuit mais pour une relation de type amante, sans trop essayer de me connaître et sans trop me découvrir non plus.

L'équilibre entre les qualités qu'on laisse apparaître et les défauts qu'on arrive à dissimuler.

Je continuerai de me séduire uniquement si j’arrive à me rester suffisamment mystérieuse…

Et vous ?

25.09.2005

Le débat L word de la semaine

Oui, j’ai décidé d’agrémenter ce site d’une touche de culture, ça ne fera pas de mal.
Enfin d’une certaine culture…
Voilà, depuis que j’ai vu cet épisode qui permet de repérer les lesbiennes des autres (les non-lesbiennes), je traque du regard les mains des demoiselles, dans le métro, dans les files d’attente et même dans les films.
Oui, car d’après la série, il s’avérerait que les gouz aient l’annulaire (le quatrième doigt en partant du pouce pour celles qui auraient un peu de mal) plus long que l’index.
C’est les filles de L word qui le disent, elles doivent s’y connaître puisqu’elles sont lesbiennes professionnelles.
Je vous avoue que j’ai beaucoup de mal à détecter ces paramètres sur une main mouvante…
J’ai bien essayé de leur plaquer solidement la main contre le mur mais je n’ai pas eu d’accueil positif.
Cependant j’aimerais profiter de ce blog pour que vous m’aidiez, il vous suffit de poser votre main bien à plat (je suppose qu’il doit s’agir de la plus habile des deux), et de me donner le résultat pour confirmer ou infirmer cette hypothèse (non parce que moi j’ai un mémoire à préparer alors ça m’aiderait de trouver un sujet qui tienne la route).
Je suppose que quand les deux sont de taille identique, l’orientation est la bisexualité.
Attention, il est formellement interdit d’orienter le résultat d’une quelconque manière, que ce soit en inclinant la main ou autrement…
Je vous confirme ainsi que mes annulaires sont bien plus longs que mes index…
 (Si vous connaissez un test pour repérer les blondes, je suis preneuse).

31.07.2005

A propos de l'homosexualité

Werewolf, grand commentateur de blogs devant l'éternel, médecin de son état, a été pris soudainement de questionnements essentiels sur l'homosexualité, son image reflétée par les médias, la pertinence d'en rechercher les causes, le milieu associatif. Il a posé quelques questions à Melie, qui a trouvé judicieux de faire participer à ce qui deviendra peut-être un débat cinq autres personnes concernées : Sappho, Shayalone, Cossaw, Thomas et moi.


S'agissant de "fierté", ne penses tu pas que c'est antinomique avec la théorie selon laquelle on ne doit pas se poser la question de l'origine de l'homosexualité, dès lors que l'on ne se pose pas la question de celle de l'hétérosexualité (je fais référence, là, à Shayalone) Y a t-il une "fierté hétérosexuelle" ?

Je pense qu’on parle de « fierté » par opposition à « honte », il ne s’agit pas de brandir une identité en volant la porter comme supérieure mais cela fait simplement référence au fait d’assumer. Comme un père peut être fier de son fils, pas dans le sens ou ce dernier ait fait quelque chose de particulier mais simplement par l’honneur qu’il lui confère par le fait d’exister.
Il faut revendiquer une fierté jusqu’au moment où il ne s’agira plus de celle d’une minorité.
On ne peut pas considérer de fierté hétéro car il n’y a pas de cheminement pour y aboutir (ou rarement), c’est déjà en conformité avec la norme sociale, et il ne s’agit pas tant d’être fier d’être homo mais plutôt d’être fier d’être arriver à se dire comme tel.
La fierté, c’est simplement oser se montrer, afficher sa préférence, et cette matérialisation permet à ceux qui refoulent d’accepter leur sentiment intérieur en montrant une alternative de l’image du couple hétéronormé.
Nous revendiquons plutôt un droit à l’indifférence qu’à la différence...


La Gay pride ne va t elle pas à l'encontre de l'intérêt des homosexuels en véhiculant l'image de "barjots extravertis et sans complexes" tout à l'opposé, me semble-t-il, de la réalité? Ne serait-il pas bon de montrer de montrer que c'est souvent une souffrance, plutôt qu'un "choix" !

La gay pride est également un moyen de provoquer les avis des personnes qui préféreraient se masquer les yeux et faire comme si les homo n’étaient qu’une vague théorie identitaire non incarnée.
Eu égard mon expérience personnelle, cet évènement m’a permis d’avoir les avis spontanés des personnes de mon entourage et m’a permis d’orienter mes coming-out.
Bien qu’en effet la majorité des médias préfère offrir des clichées à leurs clients et véhiculer des images dont les homo ont bien du mal à se défaire ensuite.
Dans un sens comme dans l’autre, il ne faut ni stigmatiser les « folles », ni considérer que ceux-là soient représentatifs de la majorité des homo. Je trouve particulièrement déplacé que les mecs homo plutôt masculins soient intolérants vis-à-vis des mecs efféminés (de la même façon que les « lipstick » dénigrent les « butch »). La tolérance commence à l’intérieur même d’un groupe identitaire.
Il est intéressant de considérer que l’homosexualité soit un choix, pas dans le sens où la personne ait choisit sa sexualité mais dans le sens où elle a fait le choix de l’assumer plutôt que de la refouler.
Je ne pense pas qu’il soit intéressant de montrer que c’est une souffrance puisque alors on véhiculerais un cliché homosexualité = malheur, peine et ce serait une arme qu’on lancerait à nos détracteurs. Et cela restera alors dans les esprits comme .. le choix d’être malheureux !
Ça n’aiderait pas non plus les jeunes qui commencent à se questionner sur leur préférence puisqu’ils considéreraient alors que la souffrance leur est imposée dans leur parcours.


N'as-tu pas l'impression que les "assos" quelques soient leurs bonnes intentions renforcent la "ghettoïsation" en ne s'ouvrant qu'aux homos eux mêmes ?

Il est clair qu’à l’intérieur même de cette « communauté », il y a des excès.
Je trouve dommage qu’un festival, cineffable, par exemple, pour ne pas le citer interdise son accès aux hommes et demande quasiment une preuve de lesbiannisme pour y entrer !
Cependant cette ghettoïsation a certainement été une solution à un moment donné pour résister, pour ne pas « délayer » en quelque sorte des convictions fortes.
J’imagine qu’il doit être plus difficile de lutter pour quelque chose quand on ne sent pas investi soi-même par le sujet, en cela, leur manière de faire est compréhensible , bien que je pense que le soutien des hétéro ne soit pas préjudiciable à la cause, bien au contraire.


Au lieu de faire des "plans médias" (et l' on sait bien que ceux ci ne retiennent que le "sensationnel") au sujet du mariage gay et de l'homoparentalité, ne vaudrait-il pas mieux en utilisant le lobbying et les relais d'opinion, lutter contre les idées reçues qui reflétaient d'ailleurs pour certaines la réalité d'une génération précédente (lesbiennes MLF antiphallocrates...) et militer d' abord sur la protection sociale et patrimoniale du couple homo ?

Cette question n’est pas simple, je pense que tes suggestions sont intéressantes, mais je pense aussi que le sensationnel est obligatoire pour avancer, il faut bien provoquer les réfractaires et leur mettre le nez dans la réalisation, sinon on restera sur des discours théoriques qui ne feront pas avancer le problème plus que cela.
Ces évènements sont pour l’instant surprenants mais la répétition peut amener à une certaine lassitude et donc à une banalisation de la chose, ce qui est le but recherché finalement..
Les idées reçues pour moi ne se changent pas par une campagne de communication, mais par les multiples acteurs homo qui vivent comme ils le veulent tous les jours.
Et c’est, à mon avis, par ce biais que les lois viendront par la suite entériner ce qui s’est établie sans elle (c’est un peu toujours comme cela que ça se passe malheureusement..)


Certain(e)s disent qu' ils ne faut pas rechercher la cause de l'homosexualité, au prétexte qu' on ne recherche pas celle de l'hétérosexualité: n' est-ce pas anti-scientifique ? D'accord par contre sur une reformulation de la problématique qui doit plutôt être: pourquoi certains sont ils hétéros, d'autres, homos !

Avec cette question on peut retomber sur celle de l’homosexualité acquise ou innée..
Comme pour chaque élément qui détermine un homme, je pense qu’il y a une part des deux, on a éventuellement une prédisposition (que je n’aime pas croire génétique) et on la développe ou non selon certains facteurs (le milieu social, les rencontres..).
Ainsi je pense qu’il ne sert à rien de chercher une cause à l’homosexualité puisqu’on ne pourrait faire d’études scientifiques non biaisées.
Pour ma part, pour l’homo ou l’hétérosexualité, c’est la même chose, on naît avec une propension à devenir l’un ou l’autre et on devient cet un ou cet autre suite aux expériences que l’on vit quotidiennement.
Simplement on peut deviner qu’il est plus aisé de rencontrer des facteurs permettant de développer sa disposition hétéro plutôt qu’homo.

29.07.2005

Petit guide à l’usage de la gayvoxienne débutante

Première phase : l’approche de la lesbienne
Tout dépend de la méthode adoptée, au choix, vous abordez de manière systématique en regardant alors les profils de celles qui répondent.
Ou alors vous épluchez consciencieusement les profils pour accoster de manière personnalisée la cible choisie.
Ce choix sera fait en fonction du temps dont vous disposez, de votre degré de lassitude et du but recherché.

Deuxième phase : l’accroche
Quand vous aurez trouvé une fille avec un profil sympa et qui répond, surtout l’objectif, c’est de ne pas la laisser s’échapper, l’espèce étant en sévère voie de disparition sur gayvox (gv pour les intimes). Il faut réussir à la fidéliser, et pour cela partir à la quête du pseudo msn pour contourner le système commercial de gv.
Le plus difficile étant d’amener la fille à donner celui-ci sans qu’on lui demande, pour ensuite dire « Oh ! Je n’y avais pas pensé, quelle bonne idée ».
Pour arriver à cette fin, je vous donne quelques arguments prêts à l’emploi : - c’est dommage, c’est lent ici, ça limite notre conversation si passionnante (si, si, il ne faut pas diminuer la portée philosophique du « Et toi, tu viens souvent sur gv ? »), - c’est dommage, je n’ai jamais de session offerte, on risquerait de passer l’une à côté de l’autre (à la place de l’une dans l’autre ?..)
Devant tant d’arguments, la proie ne peut plus reculer, elle lance son pseudo msn voire son numéro de téléphone pour les plus convaincues.
La bête est alors ferrée.

Troisième phase : Le numéro de téléphone
Le magnifique outil qu’est msn vous permet alors de mettre de (plus ou moins) sublimes et mystérieuses photos qui, à l’image d’un timbre-poste ne peuvent que vous avantager. (Choisissez les plus floues si vous ne misez pas sur votre physique, cela épaissira votre côté énigmatique).
L’heure de votre sélection commence alors, sinon la fenêtre msn a vite tendance à s’étaler sur plusieurs mètres et le risque de tendinite de l’index a vite tendance à poindre son nez (à cause de la souris, pas d’esprit mal placé mesdemoiselles..).
La fluidité de la conversation alors acquise nous montre que pour certaines ce n’était pas le dial gv qui limitait la discussion. Une autre sélection se fait alors sur la photo (« je suis désolée, je vais partir en vacances très longtemps. -- Je ne t’avais pas dit ?-- hein quoi ? Non, non aucun rapport avec la photo, non, vraiment je t’assure » et hop, clic droit, « bloquer ».)

Vous avez ensuite tout votre temps (à moins qu’elle-même n’adopte la même stratégie) pour conquérir son numéro de téléphone et lui donner rendez-vous au très célèbre Bliss. Bar gouze au charme réputé avec son faible éclairage qui effacera vos défauts les plus visibles et qui vous permet d’improviser une solution de repli (tout plein d’autres gouzes) si la réalité ne correspond pas aux petites cases du profil gv de votre dulcinée.

Si vous suivez avec succès ces quelques conseils, je vous donnerais peut-être les recommandations pour passer à l’étape suivante.
(NDLR : des conseils personnalisés peuvent être dispensés aux plus mignonnes et intéressantes d’entre vous, voir avec ma secrétaire).


Un exemple de profil...

 

Edit(6/08) : Voir "De l'art d'arriver dans un forum lesbien"....

Edit(7/08) : Voir la seconde partie "De l'art de bien choisir son avatar"...

21.07.2005

Non-passage

Je suis là, dans le monde des vivants, enfin il parait, tout au moins au sens médical du terme. Un accident, une voiture, elle atterrit dans des arbres, il ne fallait pas louper le virage. Discussion avec la faucheuse.

Discussion agitée, elle me veut, je ne suis pas la seule à vouloir négocier.
Je suis invitée dans son appartement, un appartement sombre bien sûr, elle est grande, elle domine, elle nous surveille.
Tout le monde est agité, abîmé, ils sont en transition, nous sommes en transition. Le sang coule, noir, le noir de la mort bien sûr.
Celui là s’envole, pas de négociation possible la faux a tranché. Un autre entrouvre la fenêtre, il saute, il croit fuir mais au contraire il se sabote, il a tellement peur d’affronter la mort qu’il la provoque pour accélérer le face à face.
Ils tournoient autour de la table, ils crient, ils implorent. Le brouhaha emplit la pièce, les gémissements créent un papier peint molletonné. Les hurlements se cognent au mur, personne ne peut les entendre, la pièce est isolé du monde, c’est déjà un ailleurs, un entre-deux. Retour plus qu’improbable. Espoir dérisoire ?
La faucheuse est seule maîtresse à bord. Elle décide qui mérite ou non de rester, elle cerne les faibles et les exécute sur place. Ne pas être faible face à la mort. Ne pas être faible tout court. Je regarde ces remuants personnages, je ne supplie pas, je ne faiblis pas.
Je cherche à fuir, c’est ce que je sais faire de mieux, ne pas affronter, ne pas regarder, tourner la tête et fuir, faire comme si je n’avais jamais été accidentée, comme si j’étais immortelle, infinie, que les choses, même la mort me glissaient dessus. La faux ne m’atteindra pas, je l’esquiverais. Ou finalement peut-être pas, je pourrais aussi fuir en restant face à elle, en la laissant me prendre et fuir ainsi la fuite elle-même.
Aujourd’hui je choisis la porte, on ne sort pas comme ça de l’appartement de la faucheuse mais j’en ai décidé ainsi.
J’ai décidé d’en sacrifier pour m’échapper. Je choisis les plus agonisants et les achève, deux ou trois feront l’affaire, Elle doit leur permettre de se désincarner, elle n’a pas le choix, c’est leur heure, c’est Son boulot.
J’ouvre la porte, me faufile. Ses interminables bras essaient de me rattraper, ses poignets m’enserrent, ses doigts se crispent sur mon cou puis... glissent. Le calme. La couleur. Le silence. La vie ?


Je m’attendais à retrouver mon corps, où est passée mon enveloppe charnelle ? Je suis la même mais faite de vapeur. Cela n’a pas d’importance.
Et, étrange changement, je me déplace dans tous les plans de l’espace, je plane, je vole, je me translate. Cela n’a pas d’importance.
J’ai quitté ce sombre appartement, elle ne m’aura pas aujourd’hui. Cela a de l’importance.
J’erre. Me trouver un intérêt. Me réintroduire dans une sorte de vie. Je survole les vivants.
Je croise un nid d’enfants, ou plutôt une longue colonie d’enfant, ça grouille, ils se suivent sur des centaines de mètres en file indienne, ça fourmille, ils me regardent, ils semblent pouvoir me voir.
Ils se mettent alors face à moi et me renvoient mon image en me mimant. Je ne suis plus qu’un cadavre, je n’ai plus d’expression, ma bouche n’est plus qu’un long trait, mes yeux deux croix, ils tombent ensuite en arrière pour me faire prendre conscience de mon apparence gisante. J’ai voulu fuir, je ne suis plus ni morte, ni vivante, je suis vivante pour moi seule, morte pour les autres, mais étais-je vraiment vivante en dehors de moi seule auparavant ?...

J’arrive face à une mère et son enfant, elle semble l’aimer, elle semble être affectueuse, sa fille est heureuse, elle irradie, Je rencontre l’incarnation du Bonheur.
J’aperçois quelque chose que je refusais de penser d’exister. Je le sens, le bien-être est palpable, je vois leur aura, je vois un parfait équilibre.
Simplement, je m’approche, et simplement je déséquilibre la chose. La faucheuse m’envoie un avertissement, j’ai l’interdiction formelle de m’approcher du Bonheur.
Je m’en fiche, je n’ai que faire de ses conseils, je veux le toucher de plus près.
Je suis attirée par Lui, cette mère me captive, je veux prendre la place du père, elle est toute prête je n’ai qu’à m’y glisser, tout est déjà en harmonie.
J’essaie d’entrer en interaction. Elle reçoit alors une lettre, l’enveloppe est noire, je sais trop bien d’où elle vient, je veux partir pour annuler ma mauvaise influence mais il est trop tard, tout s’assombrit, la faux lui a envoyé une convocation, les résultats de ses analyses sont mauvais, il lui reste peu de temps. La tempête arrive.


Je réfléchis, ce n’est pas si mal pour moi, je vais la récupérer à l’appartement et l’emmener avec moi. Il me faut tuer la fillette également. J’ai trouvé mon Bonheur de substitution.